Jean Paul Louis Delay 1907 - 1987

Photo du défunt
Jean Paul Louis Delay ♂️
Né(e) le :
jeudi 14 novembre 1907
Décédé(e) le :
vendredi 29 mai 1987
Age :
79 ans, 6 mois, 15 jours
Né(e) il y a :
118 ans, 26 jours
Décédé depuis :
38 ans, 6 mois, 11 jours

Jean Delay, de son nom complet Jean Delay, est né à Bayonne le 14 novembre 1907. Fils de Maurice Delay, chirurgien et maire de Bayonne, il grandit dans un milieu intellectuel propice aux études. Très tôt, il manifeste un goût pour la médecine et pour la réflexion philosophique, ce qui oriente ses choix vers la psychiatrie et la neurologie.

Après des études de médecine à Paris, il devient interne des hôpitaux puis se spécialise en neurologie à la Salpêtrière. Il soutient sa thèse de doctorat en 1935 sur les astéréognosies. Puis il poursuit parallèlement des études en philosophie et lettres, soutenant une thèse en 1942 sur les maladies de la mémoire. Il conjugue ainsi une double formation originale — médicale d’une part, littéraire d’autre part.

En 1946, il accède à la chaire de clinique des maladies mentales et de l’encéphale à l’hôpital de l’institution dans laquelle il travaille, ce qui marque le début d’une carrière de professeur clinicien de première importance en psychiatrie. Dès cette époque il mène des travaux très novateurs, s’intéressant à la biologie du cerveau, aux fonctions mentales, à l’humeur, à la mémoire, et à l’électricité cérébrale.

Dans les années 1950, il joue un rôle majeur dans l’introduction des traitements psychopharmacologiques en psychiatrie. Avec son collaborateur Pierre Deniker, il étudie notamment la Chlorpromazine et participe à l’élaboration d’une classification des psychotropes validée lors du congrès mondial de psychiatrie de 1961. Ce tournant permet d’ouvrir une ère nouvelle dans le traitement des maladies mentales.

Parallèlement à son activité médicale et scientifique, Jean Delay est un écrivain brillant. Il publie romans, récits et essais, et il innove dans ce qu’il appelle la « psychobiographie » avec son étude sur la jeunesse de André Gide (1956-57). Plus tard, il aborde l’histoire familiale et sociale avec sa tétralogie Avant-Mémoire (1979-1986). Sa voix mêle rigueur scientifique, sensibilité littéraire et ambition humaniste.

Élu à l’Académie française le 4 Juin 1959 (fauteuil 17), il reçoit de nombreuses distinctions, marquant son statut de figure centrale de la psychiatrie et de la culture françaises. Sa carrière universitaire, hospitalière et littéraire s’inscrit dans une époque charnière, celle où la psychiatrie se réforme, où la littérature interroge la création et où la médecine mentale s’ouvre à la biologie.

Jean Delay s’éteint à Paris le 29 mai 1987, à l’âge de 79 ans. Après ses obsèques — qui ont été célébrées dans l’intimité, en lien avec sa région d’origine — son corps est inhumé au cimetière de Talouchet à Bayonne. Il est ainsi de retour dans sa ville natale, restant enraciné dans son origine basque.

Son héritage se manifeste de plusieurs manières : en psychiatrie, par la psychopharmacologie et l’étude de l’humeur et de la mémoire ; en littérature, par la rencontre de la science et de la biographie ; et en mémoire collective, par des lieux qui portent son nom (notamment une place à Paris). Il demeure une figure singulière, à l’intersection de l’âme et du cerveau, de la littérature et de la médecine.